Un peu d’histoire (1980′s)

1981

Après le relatif échec de l’édition 1979, Michael Eavis propose au CND (Campaign for Nuclear Disarmament) d’organiser, du 19 au 21 juin, le festival 81 qui s’intitule donc « Glastonbury CND festival ». Les figures de l’équipe d’organisation historique sont présentes: Arabella Churchill, Andrew Kerr, Bill Harkin. Pour l’occasion une nouvelle scène pyramidale est installée, construite en dur à l’aide de poteaux électriques et de tôles. Pendant l’hiver la pyramide abritera le fourrage pour les vaches de la ferme. Cette année là, le festival attire 18 000 personnes qui payent 8£, et pour la première fois, génère un bénéfice qui se monte à 20 000£ et qui est intégralement versé au CDN. Cette année là, à l’affiche: Aswad, Decline and Fall, Gong, Gordon Gilltrap, Ginger Baker, Hawkwind, John Cooper Clarke, Judy Tzuke, Matumbi, Robert Hunter, Roy Harper, Supercharge, Taj Mahal, Talisman, New Order, Rab Noakes, Beverley Martyn, Chicken Shack, Stan Webb’s, Thompson Twins, Jazz Slutts, The sound, Steve Ashley, Swiss Navy, Hang Wangford.
On peut voir dans cette édition la première version moderne du festival de Glastonbury, à travers le lien créé pour la cause du CND, et la mise en place d’activités annexes aux concerts, comme l’installation d’un théâtre, et de projections de cinéma, tout comme l’aire de jeux pour enfants qui avait été créée l’année précédente et qui est maintenue.
Les aux relations établies entre le CND et le festival, mettent fin à l’image poétique et futile d’un festival hippie, mais contribuent davantage à le positionner politiquement. En particulier la scène du festival sert, en plus des concerts, de tribune aux activistes du CND, a cause de cela, Glasto entre alors dans une période délicate, où des oppositions se font jour, et les autorisations deviennent délicates à obtenir.

1982

Cette année là, le « Glastonbury CDN festival » se déroule sans problème majeur du point de vue de son organisation, toujours conjointe avec le CND (comme le nom du festival l’indique). En d’autres termes l’expérience commence à faire ses preuves. Seule ombre au tableau cette année là, si elle est loin d’être la dernière, c’est la première édition réellement humide et boueuse du festival. Le vendredi voit un niveau de précipitations record, le plus important en 45 ans. 25 000 spectateurs assistent pour 8£ aux 23 concerts:
Van Morrison, Richie Havens, Aswad, Judy Tzuke, John Cooper Clarke, The Blues Band, Talisman, A Certain Ratio, Funkapolitan, Randy California, Black Uhuru, Ekome, R.F Thompson, Steve Wally, Duncan Campbell, Sad Cafe, John Pieere Rykiel and Didier Malherbe, Roy Harper, Bruce KentBishop of Bath and Wells, limax Blues Band, The Chieftains, Jackson Browne.

1983

Cette année là, une loi est passée, imposant aux organisateurs de festivals d’obtenir une licence, et cette licence s’accompagne de contraintes en terme de nombre maximal de spectateurs, règles d’hygiène, points d’eau, et accès routiers. La limite en nombre de spectateurs pour Glasto cette année là, est fixée à 30 000, tous les tickets sont vendus au prix de 12£, rapportant environ 45 000£ de bénéfices pour le CND. Nouveauté, cette année là, l’apparition de l’antenne de Radio Avalon, qui émet pendant la durée du festival du 17 au 19 juin. Au programme: King Sunny Ade, Curtis Mayfield, UB 40, Fun Boy Three, The Beat, The Enid, Denis Brown, Marillion, Aswad, Alexis Korner, Melanie, A Certain Ratio, Incantation, Moving Hearts, Jean Philippe Rykiel, Julian Cope, The Chieftains, Tom Paxton, Hunters and Collectors, Alexei Sayle, Farm Band, Kevin Brown, Black Roots, Green Coyote, Juggernaut.

1984

Cette année là, lorsque le festival débute, Michael Eavis a du se défendre au tribunal, contre le district de Mendip (communauté d’agglomérations qui englobe Glastonbury, Shepton Mallet, mais aussi Pilton). Le conseil du district de Mendip souhaite mettre fin au festival, en arguant que les organisateurs n’ont pas respecté nombre de contraintes fixées par la licence qui est, depuis l’année précédente, nécessaire pour pouvoir organiser un festival. Le tribunal a débouté le conseil de Mendip, et Michael Eavis a obtenu une licence pour 35 000 spectateurs. L’ensemble des tickets est vendu au prix de 13£. Nouveauté du festival, en plus des animations annexes antérieures (espace enfants, cinéma, théâtre), un nouvel espace est créé: « green fields » consacré à l’écologie et l’environnement. Le CDN reçoit cette année là 60 000£ de bénéfices. Les artistes présents, sont: Rumillajta, Billy Bragg, Hank Wangford, Joan Baez, Black Uhuru, Ian Dury, Dr John, Amazulu, The Waterboys, Paul BradyBrass Construction, The SmithsGeneral Public, Steve Jolliffe, Christy Moore, John MartynFairport Convention, Weather Report, Elvis Costello, Fela Kuti, Jools, Seething Wells, Linda Lewis.

1985

Comme le domaine de la Worthy farm est devenu trop petit pour héberger tout le public, cette année là, la licence accordée aux organisateurs est valable pour 40 000 personnes. La ferme voisine, Cockmill farm est achetée pour agrandir l’espace vers le Sud. Ce festival est reconnu pour avoir été un des plus boueux de l’histoire, et sans aucun doute de la décennie 80. Les spectateurs qui ont payé 16£ assistent aux concerts suivants: Aswad, Big Sound Authority, Poison Girls, Roger Chapman, The Colour Field, Boomtown Rats, Style Council, Madness, Joe Cocker, Microdisney, Ian Dury and the Blockheads, Misty in Roots, Midnight Oil, The Men They Couldn’t Hang, James, Working Week, Echo & The Bunnymen, The Pogues, Robin WilliamsonHugh Masekela. Le festival dégage cette année là 100 000£ de bénéfices pour le CND.

1986

Petit retour en arrière sur l’histoire des hippies et des free festivals que nous avions abandonnés en 1978 lorsqu’un convoi au départ de Stonehenge, à la fin du free festival du solstice, avait été dévié vers la Worthy farm. Le convoi ayant été dirigé par les forces de l’ordre, vers la ferme de Michael Eavis, là avait eu lieu le dernier free festival de Glastonbury. Les années suivantes les free festivals continuèrent, et plus particulièrement celui de Stonehenge qui était probablement le plus important de Grande Bretagne. Pendant ce temps là, en pleine période Punk et New-Wave, les hippies disparaissent, ou plutôt ils changent. En particulier le principe des convois se généralise, et nombre d’entre eux, font le choix de vivre dans des combis, ou de vieux bus, ils sont devenus des travellers. En 1985, le gouvernement Thatcher décide de mettre fin aux free festivals, et plus généralement de canaliser les travellers. En particulier, un convoi qui se dirige vers Stonehenge, est brutalement interrompu par la police, l’évènement est appelé la bataille de Beanfield. Un millier de policiers, détruisent les bus, et bastonnent les travellers. Cet évènement met un terme définitif au free festival de Stonehenge. Par voie de conséquence, un afflux important de travellers est attendu à Glastonbury l’année suivante… Certain travellers entreront au festival sans payer.
60 000 spectateurs payent 17£ pour assister à Glastonbury 1986. Le festival compte une deuxième véritable scène en plus des animations maintenant traditionnelles (cinéma, théatre, jardin d’enfants), mais aussi une tente pour la musique acoustique, et une autre pour la musique classique. Cette année là, le line up est sur la scène principale (la bonne vieille pyramide construite en 1981): Psychedelic Furs, Ruby Turner, The Pogues, The Waterboys, Amazulu, That Petrol Emotion, Howard Hughes, Rodney Allen, The Cure, Lloyd Cole and The Commotions, Black Uhuru and The Wailers, John Martyn, Latin Quarter, Loudon Wainwright 111, Level 42, Madness, Robert Cray Band, Simply Red, Christy Moore, Gil Scott Heron, The Housemartins, Buddy Curtis. Sur la 2eme scène, et sur la scène acoustique: Airiwa Posse, Brilliant Corners, Forest Hillbillies, Frank Chickens, Fuzz Box, Maxi Priest, Happy End, Microdisney, Nightingales, Phranc, The June Brides, The Potatos, Robyn Hitchcock, The Go Betweens, Half Man Half Biscuit, Ted Chippington, Fuzzbox, Dream Syndicate, Billy Bragg, Ozric Tentacles, Sambatucada, Three Mustaphas Three, Woodentops, Zinica. L’édition produit 130 000£ pour le CND.

1987

L’image gauchiste du festival, en particulier à cause de son organisation conjointe avec le CND, mais aussi à cause de ses relations avec les hippies puis les travellers, a toujours provoqué des tensions avec le voisinage qui n’a pas toujours vu d’un bon œil quantité de gens débarquer dans les environs pour le festival, et plus particulièrement les convois de travellers. Chaque année, a vu son lot de tentatives de la part des institutions locales, généralement appuyées par les conservateurs, pour empêcher le festival de se dérouler. Et cette année là le conseil du district refuse de donner sa licence à Michael Eavis. Le principal argument du conseil étant que chaque année un certain nombre de personnes pénètrent illégalement dans l’enceinte du festival, provoquant ainsi un dépassement notable du cota de spectateurs prévus par la licence. Mais, un tribunal jugera ce refus illégal, en considérant que pour l’année précédente le nombre maximal de spectateurs avait été fixé à 60 000, et que le nombre réel de personnes dans l’enceinte était largement inférieur aux 80 000 annoncés par le conseil.
Grâce à cette décision, le festival 1987 peut se dérouler. Il accueille à nouveau 60 000 personnes qui payent 21£, et génère 130 000£ de bénéfices pour le CND. Une nouvelle scène a encore été créée, c’est la scène Womad, mettant en avant les musiques du Monde. Le festival compte alors cinq scènes: la pyramide, la scène deux, la scène womad, la tente womad, et la scène accoustique. Sous la pyramide sont programmés: Elvis Costello, Van Morrison, The Communards, New Order, Robert Cray Band, Richard Thompson Band, Ben E King, Taj Mahal, Los Lobos, Courtney Pine, Husker Du, Paul Brady, The Men They Couldn’t Hang, The Woodentops, The Mighty Lemondrops, Michelle Shocked, Misty In Roots, World Party, Rodney Allen, Trouble Funk, Julian Cope, Weather Prophets, Felt. Sur la scène deux: El Sonida De Londres, Billy Bragg, Chorcazade, Gaye Bykers On Acid, Jazz Defektors, Brilliant Corners, The Blue Aeroplanes, Robyn Hitchcock and the Egyptians, Andy Shepherd Quartet, Stump, Tommy Chase Quartet, The Oyster Band, The Chesterfields. Mais encore une quinzaine de spectacles sur la scène acoustique, et une vingtaine sur la scène womad.
Le festival se déroule dans une ambiance électrique. La drogue est visible, et très présente. Michael Eavis qui a toujours été arrangeant avec les travellers dont il laissait entrer les convois sans payer, se voit contraint, principalement par les assurances, de les refuser dans l’enceinte du festival. Il y a des tensions entre dealers, police, travellers, et l’équipe d’organisation. Des membre de l’équipe du festival, certains très anciens, abandonnent le navire à cause de cette ambiance. Et dans ce contexte Michael Eavis décide de faire un break d’une année, il n’y aura pas de festival en 1988.

1989

Après une année de break, le festival revient en 1989, avec une équipe en partie renouvelée. A nouveau le conseil de Mendip a posé des problèmes au festival, mais une licence est tout de même accordée pour 60 000 personnes. Il semble en réalité que près de 100 000 personnes viendront sur le site. Ces spectateurs supplémentaires sont des fraudeurs qui ont franchi les barrières autour du site, mais aussi l’ensemble des personnes qui s’installent dans les champs réservés au travellers à l’extérieur du site. Officiellement les organisateurs communiqueront le chiffre de 65 000 spectateurs, mais compte tenu des problèmes antérieurs avec le conseil de Mendip, on peut supposer que ce chiffre a été largement minimisé. Quoi qu’il en soit, à 28£ l’entrée, le festival génère un don de 100 000£ pour le CND. Les tensions l’édition précédente de 1987 n’ont pas disparu, et les organisateurs permettent pour la première fois à la police à pénétrer dans le festival. Au programme sur les deux principales scènes: Hothouse Flowers, Gong Maison, Waterboys, Van Morrison Throwing Muses, Lucinda Williams, Martin Stephenson and the Daintees, Suzanne Vega, The Pixies, Donovan, Black Uhuru, Ozric Tentacles, The Wonderstuff, Mahotella Queens, Fantastic All Stars, Screech Rock, All About Eve, Youssou N’Dour, Elvis Costello, Bhundu Boys, Fela Kuti, Fairground Attraction, The Proclaimers, The Bhundu Boys, Adzida, Los Primos, Clea & McLeod, The Old Rope String band, The Legendary No One Much, The Late Road Lunatics, Over the Moon, Inner Sense Percussion Orchestra, Star Rhapsody Steel Band, Karl Okin, Malcom Wood, Helena Eden, Random Sound, The Barely Works, Johnny G & the Walcoat String, And All Because the Lady Loves, Brendon Croker & the Five O’Clock Shadows, Rory McCleod, The Blues Band, Ruby Blue, Jenny Chapman, Tylor, Hullaballoo, To Hell with Burgundy, Lucinda Williams, Martin Cartry, Floca Jimenex, Sonja Kristina. Suite à des appels téléphoniques anonymes la menaçant de mort, Suzanne Vega et son groupe choisit de monter sur scène, mais le groupe est contraint de porter un gillet pare balle. On saura plus tard que les menaces venaient d’une groupie amoureuse du bassiste.

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