Glastotrip

Jeudi

Dès le Jeudi commence à se poser un problème imprévu, les batteries de téléphone (en particulier les smartphones) se vident à la vitesse de la lumière. Pourtant, l’itinérance des données est coupée, donc seules les fonctionnalités téléphonique de base sont activées, mais rien n’y fait, dès le jeudi l’indicateur de charge est dans l’orange. D’un autre côté seul Bigou est joignable avec son abonnement anglais, Hub, lui n’a pas d’abonnement international, et donc depuis que nous avons quitté le sol français n’est plus joignable. Pourtant, nous prévoyons que dès le lendemain nous devrons nous séparer, car au vu du programme nous projetons de voir des concerts différents. Depuis l’avènement des téléphones mobiles, nous avons tous oublié, comment nous faisions avant, pour nous retrouver. Les mauvaises habitudes viennent vite, mais ici à Glasto, nous allons devoir les perdre.
Concernant mon téléphone, j’avais préparé une application avant de partir permettant de sélectionner et visualiser le programme. Il s’avère que contrairement à l’application d’Orange, la mienne n’a pas besoin de réseau pour fonctionner, c’est moins cher, et en plus, le réseau étant sur-saturé, je ne suis jamais arrivé à faire fonctionner l’application d’Orange. La mienne en revanche m’a été for utile, car j’avais  en permanence sous les yeux les prochains événements à venir. Mon seul problème était de maintenir un peu d’énergie dans la batterie.

Copie d'écran de mon application Androïd


Ce qui pouvait s’apparenter à une mauvaise idée, amener avec moi mon mini PC, s’avéra en fait un bonne idée. J’espérais peut être disposer de réseau pour éditer ce blog, en fait inutile d’y penser. Mais cet ordinateur m’a servi de réserve d’énergie pour recharger mon téléphone, une heure environ tous les jours. Par ailleurs, j’y ai régulièrement transféré les photos et vidéos pour libérer la mémoire de la carte de mon téléphone. Garder un ordinateur dans une tente non surveillée de la journée, dans un environnement boueux, est à priori risqué, mais c’est sans compter sur les « lockers », les consignes situées un peu partout dans Glasto. Tous les matins, j’allais donc à la consigne, en bas de Pennard Hill, récupérer l’ordinateur pendant une heure ou deux, puis, une fois le téléphone suffisamment rechargé pour la journée, je ramenais le PC. Les personnes en charge des consignes étaient géniales, ce sont des membres du CND, en général avec des bons looks. La procédure est simple, en échange de l’objet à garder, on reçoit un ticket. Ce qui est important sur ce ticket c’est le numéro, on peut le perdre, mais il peut être trempé sous la pluie ou dans la boue, il peut même être volé, il n’est donc pas exigible matériellement. Les responsables de la consigne, conseillent de le photographier (comme ci dessous).

Reçu de consigne pour mon PC le jeudi matin


Lorsqu’on vient récupérer son bien, la personne à la consigne, vérifie le nom du propriétaire, et pose en général une autre question, le code postal semble être un indicateur généralement utilisé. Il est clair qu’avec des informations en français sur ma fiche en particulier mon code postal exotique pour un anglais, la vérification était quasiment faite dès que je parlais avec un accent français. En plus, au bout d’un moment les mecs finissaient par me connaître.
La surprise du matin, en sortant de la tente, c’est que le terrain s’est considérablement rempli la veille, et que tout espace laissé vide même 2m² est exploité par les tentes les plus petites. Comme nous sommes au milieu du terrain, d’un côté comme de l’autre nous devons pour rejoindre notre tente depuis une des allées, sillonner entre les tentes, c’est un véritable labyrinthe dans lequel nous sommes parfois bloqués, et pour parcourir les 200 m (environ) qui nous séparent d’une allée, il faut bien 10 minutes. Le plus difficile, le soir, lorsque les jambes sont lourdes, c’est de lever les genoux pour enjamber des cordes de tentes.
Le jeudi, quelques spectacles étaient à l’affiche sur des scènes annexes à partir de 17h00. Hub et Bigou ont un peu lézardé au soleil qui faisait sa réapparition après la longue pluie de la veille (y compris de la nuit). Moi, je partais à nouveau me perdre dans les champs voisins de notre camping; Craft Field, Healing Field (dont j’ai assisté au spectacle d’ouverture), Green Fields. La veille les espaces étaient fermés, entourés de barrières, le jeudi, tout s’est ouvert.
En partant du « Sacred Space », où se trouve le cercle de pierres, tout au fond et en bas de ce champ, se trouve une entrée sur Craft Field. Cet espace qui compte essentiellement deux allées perpendiculaires, propose quantité de stands d’artisanat, poterie, vannerie, sculpture, soufleur de verre, etc… Mais aussi des activités moins courantes, qui mettent en avant l’activité en question, et la plupart du temps les visiteurs sont invités à participer pour comprendre pratiquement cet artisanat.
En descendant Craft Field depuis le Sacred Space, si on prend sur la gauche on arrive dans Healing Field. Là c’est un peu le salon des médecines douces et du paranormal, et la cour des miracles (au sens propre). Toute sorte de personnes douées de compétentes quasi magiques œuvrent ici: voyant, chiromancien, médium, diseur de bonne aventure, shaman, druide, yogi, masseur ayurvédique, naturopathe, homéopathe, etc…
Plus loin, on trouve Green Fields, en fait composé des champs Green Future et Greenpeace, qui font la promotion de tout ce qui peut être fait en matière d’environnement. On y trouve quelques scènes dont la Mandala Stage dans laquelle je suis entré un moment, c’était très amusant car sur scène il y avait un groupe hirsute en train de jouer un morceau de fusion Jazz / Hard pendant qu’un couple de quinquagénaires BCBG montés sur un tandem pédalait pour leur donner du courant. Ca c’est typiquement Glasto tel que je l’imaginais! Voici une vidéo de 2002 mais assez conforme à ce que j’ai vu (vous noterez les deux cyclistes à droite de la scène)

Dans Green Fields il y a aussi une grande partie des espaces consacrés aux enfants, avec notament un grand bateau servant d’aire de jeu, mais il y a aussi un mur d’escalade, des manèges à propulsion humaine, des ateliers de cirque (équilibre, jonglage).

Le bateau de Green Fields (aire de jeu pour enfants)


De façon générale, il y a beaucoup de choses pour les enfants, et il y a beaucoup d’enfants partout même sur les gros concerts pourvus de protections pour oreilles.

Un enfant avec des protection auditives (photo @Angpang)


En attendant 17h00 l’inauguration de la scène Spirit of 71 par Michael Eavis himself, j’assiste au bar éponyme, à un spectacle de poésie; Roy Hutching récitant des poèmes de Heathcote Williams.L’extrait suivant n’est pas pris à Glasto, mais donne une idée du ton amusant, voire comique de ces poésies.
www.youtube.com/watch?v=brPyyxicbOI
Juste avant l’inauguration, Hub et Bigou me rejoignent, et nous assistons au court laïus de Mickael Eavis sur la Spirit of 71 Stage.

Michael Eavis inaugurant la scène Spirit of 71


Inauguration suivie d’un spectacle de danse, le Yorke Dance Project, puis d’un concert de Blues par Martin Stone and friends, en particulier il faut noter la performance de Chris Youlden. C’était amusant de voir deux septuagénaires (ou presque) tremblotants jouer du blues avec autant de virtuosité. Martin Stone faisait partie des Pink Fairies qui ont joué lors de la Glastonbury Fayre de 1971, Chris Youlden, lui n’était pas là en 71, il a fait partie comme Martin Stone de la composition du groupe Savoy Brown, groupe qui tournait beaucoup au début des années 70.
Après ces concerts nous allons dans les allées de Glasto boire un verre manger un morceau. Nous passons par le Dance village où Ke$ha est en train de sévir sur la Wow! Stage, cela crée un atroupement, mais franchement, nous passons notre chemin très vite. Nous atterissons ensuite au fameux Cider Bus, où le cidre fait l’unanimité de notre petit groupe, y compris Hub qui depuis notre arrivée en Angleterre n’aime pas le cidre local. Pendant que j’y pense, je dois préciser plusieurs choses. Celui de l’Avalon Inn, lui est dégeu, de façon unanime encore une fois. Et pour conclure la digression pommes, dans l’enceinte du festival, en plus du cidre, j’ai aussi bu du très bon jus de pommes, en particulier dans Green Fields et au Spirit of 71 café. D’après Bigou, le Sommerset, la région où se trouve Glastonbury, est une zone de production de cidre et de jus de pommes réputés. Cette réputation n’est pas usurpée à mon avis, et si je peux donner un conseil à qui va à Glasto, en paraphrasant Chirac lors de sa camapagne de 1995; « buvez des pommes »!
En quittant le cider bus, nous arrivons au Bandstand, un kioske planté au millieu de l’allée la plus passante de Glasto. Là un groupe est en train de s’installer, nous attendons quelques minutes que le concert commence, et nous découvrons Scubaroots. Excellent, je vous le conseille! En voici un petit extrait à Croissant Neuf le lendemain…

Nous retournons ce soir là vers the Commons, et Shangri La avec l’idée d’aller à Snake Pit. A partir de jeudi 23h00, l’accès dans la zone Sud Est s’effectue depuis le Circus Field le long d’un chemin assez long, et à vrai dire pénible (procédure mise en place cette année pour réduire le nombre de personnes dans la zone). Nous ne faisons pas la queue à proprement parler, mais c’est long tout de même. En approchant nous découvrons Bloc 9 avec son wagon planté dans la facade, de nuit c’est réellement impressionant. Je l’avais vu en photo, mais je ne me rendais pas compte à quel point c’est imposant. Nous arrivons dans Shangri La qui est là aussi au delà de ce que j’imaginais. C’est une ville futuriste avec ses rues ses passages, des recoins étranges. Des annonces portant sur la diffusion d’un virus et des procédures de prévention et de décontamination sont diffusées régulièrement. La seule chose qui nous rappelle que nous sommes à Glasto c’est une boue molle et particulièrement collante. Dans un tunnel, la boue est tellement collante et profonde que nous nous retrouvons mêlés à une cohue indescriptible de gens embourbés peinant à dégager leur pieds, et où tout ce monde s’agrippe les uns aux autres pour éviter de tomber. Voici la vidéo d’une déambulation dans Shangri La, qui donne une idée générale des dimensions.

Après un tour de Shangri La, mais sans être rentré à Snake Pit, où la queue était assez longue, nous revenons à la tente en passant à travers Craft Field le Sacred Space où une foule considérable est massée. Toute la nuit dans la tente nous sommes environnés des bruits de la zone Sud Est (Shangri La, Arcadia), du Sacred Space, mais aussi du passage de personnes entre les tentes. Le bruit est omni présent jusqu’à 6h00 du matin, bien après le lever du Soleil, il est impossible de dormir correctement sans bouchon anti bruit dans les oreilles. Hub équipé de mini oreilles, et qui ne parvenait pas à les mettre, a très mal dormi pendant tout le séjour.

1 Commentaire

  1. Marion

    Merci pour toutes les infos!

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