Jeudi

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Boue après une heure de pluie.

Le jeudi matin, nous décollons doucement. J’ai plutôt bien dormi, et j’ai bien récupéré de la nuit blanche (ou presque) de la veille. Je constate que l’emplacement que nous avons choisi est plutôt bien, et même, je le trouve bien meilleur que l’endroit où nous avions campé en 2011 à Pennard Hill. D’abord, la densité de tentes restera nettement plus faible que ce que nous avions vécu à Pennards. En particulier aucune tente ne viendra s’insérer dans les espaces laissés libres pour circuler. A Pennard, nous avions même vu des gens enlever des tendeurs pour se faire de la place. A la fin, il n’était pas possible de rejoindre notre tente sans marcher sur le bas des tentes sur le chemin, et en enjambant des dizaines de tendeurs. Là, nous sommes à 50m de la sortie du champ. Il est facile de circuler entre les tentes. L’ambiance est plus calme qu’à Pennard. De plus, nous avons à la sortie du champ, une petite zone commerciale qui compte un stand de snacks, un petit super marché avec un distributeur de billets, et un café. Juste à côté des latrines. L’endroit est parfait. Ce jeudi, comme tous les matins qui vont suivre, la journée commence par un café « americano » pris au stand près de la tente. Comme j’ai eu un peu froid pendant la nuit avec mon duvet un peu léger, je suis allé acheter une petite couverture en polaire dans un magasin de camping à Williams Green.

Au programme du jeudi, j’ai noté un atelier énergie solaire, la soirée Baggy Mondays au Stonebridge Bar, et Pyramids of Snafu que j’aimerai bien revoir depuis 2011… Mais ce que nous avons tous trois repéré, c’est le TBA (To Be Announced) à 01h30, c’est à dire en tête d’affiche sur la scène Wow! à Silver Hayes. Je quitte mes amis à la tente, et me rends au Speakers Forum pour le « PV Solar electrical workshop » qui commence à 11h00. C’est bien ce qu’il y a de particulier à Glasto, je suis à un festival qui programme les Rolling Stones en tête d’affiche, et me voila en train de suivre un cours d’électricité en anglais…

Travaux pratiques d'électricité au PV Solar Electrical Workshop
Travaux pratiques d’électricité au PV Solar Electrical Workshop

La séance est instructive, si je n’ai rien à apprendre sur l’électricité, j’apprends en revanche, comment on régule l’énergie provenant d’un panneau solaire, et comment on gère la variabilité lumineuse avec le paneau et une batterie. Non, on ne branche pas un dispositif électrique directement sur le panneau solaire. Après ce cours, je me promène un peu dans Green Fields, qui est un de mes endroits favoris à Glasto, puis je vais rejoindre les deux gars à Williams Green. Il est presque 14h00, nous en profitons pour prendre un en-cas. Il faut bien reconnaître, que manger dans ces conditions, c’est à dire de la junk food, sortie tous droit de camions, et qui plus est en terre britannique, n’a rien de très plaisant. On mange parce qu’il faut bien. A vrai dire, ca pourrait être pire, mais, franchement ça n’a rien de merveilleux! Nous nous posons un moment au centre de Williams Green pour manger. Là, il y a des poteaux avec des ardoises et des craies. Je veux écrire quelque chose, mais il n’y a plus de place sur les ardoises et je n’ai rien pour effacer. J’écris donc sur le poteau…

Où est Bigou?
Où est Bigou? Il était avec nous en 2011, mais ne nous a pas suivi cette année.

Après ce court repas, nous remontons l’allée qui conduit au Bandstand non loin. C’est la plus petite scène de Glasto, une sorte de kiosque, et pourtant en 2011 nous y avions écouté les Scuba Roots dont je me souviens encore, cette année, nous aurons droit au Mighty Peas qui nous feront une excellente impression.

A ce moment là, le soleil se voile, puis quelques gouttes commencent à tomber. Je vais ouvrir maintenant une parenthèse pour revenir aux bulletins météo que j’avais publié avant le début du festival. Regardons le dernier, en date du 25 juin:

  • Pluie (0=humide, 10=sec): 7,5/10 peut-être un peu de pluie jeudi et éventuellement jusqu’à vendredi, mais les précipitations seront au total très faibles.
  • Boue (0=boueux, 10=poussiéreux): 8/10 le sol de Glasto est sec et il n’y a plus de raison pour que ça change.
  • Chaleur (0=froid, 10=chaud): 7/10 les températures devraient être autour de 20° croître pendant le weekend.

Je tiens à préciser que c’est exactement ce qui va se passer tout au long de cette édition 2013. Nous aurons la pluie jeudi après midi et soir, le vendredi matin, au réveil il ne pleut plus, et le temps restera sec jusqu’à la fin. Pour tout dire je suis même rentré bronzé, et je n’ai JAMAIS mis mes bottes pendant toute la durée du festival. J’ai tout fait en chaussures de rando, ou en baskets. Cela dit, le mérite de ces prévisions ne me revient pas, il revient à Jackone, encore merci à lui! Fin de la parenthèse.

Au fur et à mesure que la pluie s’intensifie, nous cherchons un refuge, que nous trouvons sous la tente de William’s Green, où est en train d’être diffusé le film de Julien Temple. C’est marrant de voir ce film que j’avais vu en salle au Max Linder en 2007, et qui m’avait donné envie de venir ici. La pluie continue, au bout d’une heure la boue fait son apparition.

Boue après une heure de pluie.
Boue après une heure de pluie.

Nous allons trouver refuge à l’Avalon café, où nous enchaînons une série de concerts, dont un ou deux assez sympas. Pendant ce temps nous enchaînons aussi bière et cidre. Nous avons décidé de finir la soirée dans la zone Sud-Est, l’idée est donc d’aller manger au Diner qui se trouve dans Unfair Ground. Après s’être réchauffé avec un burger honorable, nous partons vers The Common, et l’arène (The Temple, en fait) sur laquelle Hub fait une fixette. Lorsque nous y arrivons, le steward qui garde l’entrée, ouvre la barrière et nous dit « vous pouvez entrer, c’est ouvert ». Nous sommes les premiers à entrer dans l’arène.

The Temple au moment de l'ouverture.
The Temple au moment de l’ouverture.

Nous restons là un moment à profiter de la musique, dans The Temple qui se remplit rapidement. Nous partons ensuite vers Shangri-La où Paradis et Enfer ont été enfin ouverts. Nous arrivons à la fin du concert d’un groupe japonais Asakusa Jinta, qui est suivi par un show hallucinant assuré par le groupe Slamboree. Le morceau Death of a Festival avec Beans on Toast est exceptionnel…

Sur scène le groupe mélange musique électro, section de cuivres, et des visuels pour le moins surprenants. Le plus spectaculaire, une fille qui se plante des clous de 5 bons centimètres de long dans le nez, un par narine. Oups! Nous partons ensuite vers Block 9. Nous entrons dans le bâtiment où le métro est planté; London Underground. Nous entrons dans un hall de HLM plein de fumée, la porte de l’ascenseur est cassée, un peu plus loin un petit couloir part sur la gauche, mais nous continuons tout droit où la fumée est de plus en plus épaisse. Si épaisse qu’on débouche sans presque s’en apercevoir dans une boite de nuit. Des rayons lumineux traversent le plafond, au fond de la salle, une lumière intense laisser deviner en contre-jour, un DJ, un chanteur, le son est un profond downtempo. C’est magique, mais nous ne restons pas là longtemps… En ressortant, Hub prend le petit couloir que nous avions omis en arrivant, comme il est loin devant moi, et Fred nous ne le voyons pas entre là. A l’extérieur du bâtiment, il nous raconte qu’il a suivi le couloir qui faisait plusieurs chicanes, il est alors arrivé dans une pièce toute blanche et vide ou ne se trouvait qu’un réfrigérateur. Il a ouvert la porte du réfrigérateur, et derrière il a trouvé une petite pièce dans laquelle des personnes lui ont dit de partir, ce qu’il a fait… Les jours suivants le couloir n’était plus accessible, un steward en bloquait l’accès. Nous quittons les lieux, et trouvons au milieu de cette zone très agitée, un petit jardin très calme, au centre duquel brule un feu. Il pleut toujours nous avons froid, nous nous approchons. Autour du feu il y a des bancs et des chaises. Nous sommes accueillis très gentiment, les gens se poussent pour nous faire un peu de place. C’est très amical, tout le monde discute avec son voisin, nous engageons la discussion avec quelques personnes. La chaleur provoque une sorte de léthargie dont nous mettons un moment à sortir.

Le feu...
Le feu…

Finalement nous émergeons, nous ressortons de la zone Sud-Est et nous dirigeons vers West Holts pour boire un verre, il n’est pas 23h00, et le concert surprise à Silver Hayes n’aura lieu qu’à 01h30, nous avons le temps. Nous continuons et arrivons devant GreenPeace dont l’espace a ouvert aujourd’hui mais qu’aucun de nous n’a visité encore. Nous faisons la queue pour une attraction, un film documentaire traitant de la fonte des glaces, dans une salle se trouvant à l’intérieur d’une structure ressemblant à un iceberg. On nous annonce 20 minutes de queue, nous abandonnons. Nous allons dans la direction de Silver Hayes et passons par Spirit of 71. Cet endroit a complétement été remanié par rapport à 2011. La scène The Glade a disparu, ou plus exactement sa structure a été déplacée et rebatisée Spirit of 71. Le café qui se trouvait à côté de la scène a disparu, il a évolue en une structure plus grande en forme hémisphérique, Glade Lounge. L’endroit est joli les lumières bougent changent, ça vibre, c’est très beau et paisible. Nous ne restons pas longtemps cependant.

Lanternes vues depuis Glade Lounge.
Lanternes vues depuis Glade Lounge.

Nous continuons à avancer, passons Arcadia encore inerte, l’Other Stage, et arrivons dans Silver Hayes. Il y a déjà beaucoup de monde, surtout autour de Wow!, mais il reste beaucoup de temps avant le fameux concert, nous voulons nous reposer un peu. De la zone Sud-Est, nous venons de faire sans nous en rendre compte un kilomètre et demi, ce ne serait rien si, il n’y avait la boue qui colle au chaussures et ajoute un kilo à chaque pied, et si nous n’avions pas déjà toute une journée de marche dans les pattes. A l’extrémité de Silver Hayes il y a un bar au pied d’une sorte de Favella.

Favella à l'extrémité de Silver Hayes, The Blues.
Favella à l’extrémité de Silver Hayes, The Blues.

C’est l’espace appellé The Blues, dont l’ambiance est teintée reggae, et l’atmosphère tente de reproduire l’esprit des carnavals antillais. Mais le bar de The Blues est un bar à rhum. Nous sortons donc de Silver Hayes vers John Peel, il y a un pub à proximité. Nous y entrons et prenons une pinte dans le jardin. La pluie s’est arrêtée. Là, nos voisins, deux bénévoles de l’association « drop the debt » nous font la conversation. Ils sont drôles, on parle du festival, de la France, de l’Angleterre, et du reste du Monde, de politique, du line-up, de la météo, de tout et de rien. Vers 1h00 nous allons vers Wow!, il y a énormément de monde, la tente est pleine, et il n’est même pas possible de s’approcher de l’entrée à moins de 10 ou 20 mètres. Nous envisageons le passage en force, ou pas… Ca dépendra de l’artiste. Il finit par arriver, de loin difficile de l’identifier, c’est un DJ, il est seul. Je trouve qu’il a l’allure de Fatboy Slim, il mixe des morceaux inconnus, difficile de l’identifier formellement. La musique est moyenne, il y a trop de monde, nous en restons là. Je fais une photo au zoom pour vérifier plus tard si c’était bien Fatboy. Au moment ou j’écris ces lignes, je ne sais toujours pas, voici la photo, ça lui ressemble non?

Fatboy Slim
Fatboy Slim

Le set n’est pas génial, nous prenons le chemin de la tente très fatigués, et le festival n’est pas à proprement parler commencé…

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