Mercredi

Dans les publications précédentes faites par téléphone j’ai omis d’évoquer les événements de la nuit. Revenons y… Notons que nous sommes arrivés relativement tôt sur le parking. Cependant quelques dizaines de personnes étaient déjà présentes. Les membres de la sécurité avaient dirigé les participants à la queue vers le parking Purple 2, qui est un champ tout en pente. La queue s’allongeait donc en bas du champ le long de la haie, et ceci jusque vers 1h00 du matin. Probablement lorsque les équipes d’organisation ont décidé de commencer à envoyer les premières voitures dans ce parking, nous avons été déplacés dans une allée au delà des parkings. Lorsque nous nous réveillons en catastrophe, le plus délicat est de gérer le réveil de Kiki qui est en général de mauvaise humeur si on perturbe sa nuit. Sur ce coup là, tout va bien, juste elle m’indique qu’elle a envie de faire pipi. Le problème, c’est qu’il faut avancer si nous ne voulons pas nous retrouver tout au bout de la queue. Lorsque nous arrivons à l’endroit où la sécurité nous demande de nous installer, il n’y a aucune toilette et Kiki est de plus en plus pressante. Je gère à la hussarde, nous nous plaçons de côté dans le champ, contre un grillage. Je déshabille Kiki, la met à califourchon, et la soulève mes mains accrochées au grillage, préservant ainsi son pantalon. Passé ce moment délicat, nous nous installons de nouveau dans la queue pour dormir.

Vers 5h00 je me réveille, Bigou et Kiki dorment encore. En ce qui me concerne, je m’attends, comme cela avait été le cas les années précédentes, à ce que les portes s’ouvrent à 7h00. En fait, ce n’est pas ce qui va se passer. Vers 6h00 la queue se déplace de quelques centaines de mètres, puis s’arrête à nouveau. A 7h00 nous ne bougeons pas, et ce n’est qu’à 8h00 que les portes s’ouvrent. Nous les franchissons un quart d’heure plus tard environ. Une fois passé le contrôle, bracelet, programme, mini programme, sac en toile, et nous voici en route direction Big Ground via Muddy Lane. Notons que j’ai constaté que les stewards comparent attentivement la photo sur les tickets et le visage du festivalier.

Dans Big Ground nous nous installons quasiment au même endroit que l’année précédente.

Kiki participant à l'installation de la tente.
Kiki participant à l’installation de la tente.

Tout installant l’intérieur de la tente avec Bigou, pendant que je m’occupe de l’extérieur, Kiki décide de la répartition des lieux et choisis sa chambre. Nous dormirons ensemble dans la chambre centrale. Bigou dormira à gauche en entrant, Fred et Hub qui n’arriveront que demain, se partageront la chambre restante, et une autre petite tente que nous plantons à l’entrée de la grande.

Vers 10h00 nous descendons à Williams Green et prenons un en-cas pour reprendre des forces. Il nous semble être déjà l’après midi, pourtant il n’est que 10h00 du matin. Mais la nuit a été longue et difficile, et la fatigue est bien présente. C’est une belle journée, ensoleillée, nous savons d’après les prévisions météo que le festival sera pluvieux, alors nous partons en balade vers le Sacred Space. Là nous approchons du dragon, où Kiki joue un moment en compagnie de nombre d’enfants. Nous nous installons ensuite dans le champ, à l’ombre de la haie et faisons un somme réparateur.

Nous redescendons dans Green Fields, et à l’entrée de Green Futures nous trouvons un stand où Kiki se fait maquiller, et où nous achetons une couronne de fleurs Glastonbury made (pas le modèle importé de Chine). Nous continuons dans Permaculture, où nous errons dans le labyrinthe des allées, et autour de la petite mare. Il fait chaud, et un jus de fruit est bienvenu. Nous quittons Permaculture par la Old Railway track et arrivons à Green Kids (l’aire de jeu pour enfants de GreenPeace), dont l’entrée n’est autre que la porte toute ronde du logis d’un hobbit. Nous entrons alors dans un lieu qui deviendra très important. Kiki découvre le bateau des pirates, ainsi que les toilettes de la chenille.

Le bateau pirate dans Green Kids.
Le bateau pirate dans Green Kids.

Le bateau pirate est une structure imposante qui trône au centre de Green Kids. Les enfants peuvent grimper un escalier en spirale qui s’enroule autour d’un mat pour déboucher tout en haut, à 5 ou 6 mètres du sol, dans une vigie. Depuis cette vigie, ils peuvent traverser par un pont de singe vers l’autre mat d’où ils descendent jusqu’au sol par un toboggan en spirale. Par ailleurs les enfants peuvent aussi jouer sur le pont du bateau.

Les toilettes de la chenille, des toilettes sèches pour les enfants dans Green Kids.
Les toilettes de la chenille, des toilettes sèches pour les enfants dans Green Kids.

Les toilettes de la chenilles, qui sont décorées à effigie du « very hungry caterpillar » sont des toilettes réservées aux enfants. Cette chenille très affamée, qui décore les lieux, est un personnage de livre pour enfant britannique, que j’avais justement acheté lors d’un déplacement à Londres quand Kiki n’avait qu’un an ou deux. Nous connaissions donc le personnage. Ces toilettes ont l’avantage d’être des toilettes sèches, qui sont gérées par un gardien, et qui sont donc régulièrement vidées et nettoyées. Kiki les trouvait donc parfaites, et finalement, à l’usage ne voulait plus aller que là. Nous avons donc dès ce moment trouvé la solution au problème qui me préoccupait le plus depuis longtemps, les toilettes.

Après un long moment passé dans le bateau, nous visitons la Willet’s Amazing Portable Camera Obscura. Un kiosque faisant office de chambre noire, équipé d’une lentille orientable qui projette une image de l’extérieur sur une table centrale. On peut à loisir orienter la lentille et même focaliser avec des plateaux qu’on tient à bout de bras, sur divers plans de l’image.

Nous quittons Green Kids pour entrer dans le champ GreenPeace à proprement parler. Au centre, se tient un ours polaire gigantesque qui bouge, et même respire et souffle. Il est là pour symboliser la fonte des pôles, et la disparition de son biotope. Là Kiki rencontre deux explorateurs qui l’embarquent dans une expédition polaire.

Puis nous allons en direction d’Avalon espérant que peut-être, le grand toboggan, ainsi que les balançoires, accessibles aux adultes seront ouverts. Malheureusement c’est partie remise au lendemain. Nous profitons d’être là pour prendre une petite collation au Avalon café. Après avoir avalé un gâteau au chocolat accompagné d’une boisson, nous remontons vers Green Fields, direction Mandala stage où nous assistons à notre tout premier concert du festival, celui de Mal Webb qui nous bluffe littéralement. Comble du hasard, Mal Webb annonce qu’il sera invité du Formidable Vegetable Sound System, dont Bigou m’avait déjà parlé. C’est un groupe australien, qu’il connaît parce que c’est désormais dans ce pays qu’il habite, mais qu’il n’a pas encore eu l’occasion de découvrir sur place, et qu’il a mis à son programme.

Nous passons ensuite par Small World où nous assistons à un bout de concert, avant d’aller manger un Thali Dal au Manic Organic. Kiki en profite pour établir le contact avec un gars couvert de tatouages et de piercings, ce qui l’intrigue assez. L’échange est amusant et détendu, d’autant que l’un comme l’autre ne sont capable de discuter ensemble, faute de connaître leur langue réciproque. A la fin du repas, nous partons vers le Sacred Space afin d’assister à la cérémonie d’inauguration du festival. Lorsque nous arrivons il y a déjà beaucoup de monde sur place, et nous nous installons assez loin du cercle de pierre, c’est à dire très loin du lieu où la cérémonie se déroule. C’est assez long, les Gaia’s Guardians dansent longuement, accompagnées de jongleurs avec des bolas enflammées, et cracheurs de feu. Visiblement, ils nous font passer le temps en attendant que le ciel s’obscurcisse. Pendant ce temps, quelques rares personnes lancent des lanternes volantes, généralement sous les huées de la majorité du public. C’est l’occasion pour Kiki d’en voir enfin une vraie voler, comme elle a pu le voir « en faux » dans Raiponce.

Finalement le feu d’artifice débute, dure une dizaine de minutes, et se termine par l’usuel embrasement du gigantesque tas de bois en forme de Phoenix. C’est l’occasion d’expliquer ce symbole à Kiki, le festival est donc officiellement baptisé, bien que nous soyons déjà en fin de journée.

La journée a été longue, et nous sommes bien fatigués, mais nous profitons de redescendre du Sacred Space vers le centre du festival, en faisant un crochet significatif à travers la Zone Sud-Est. Nous entrons dans le London Underground, puis allons dans The Commons où The Cave subjugue Kiki, mais tout est fermé dans la zone sauf… le Copperdollar, une étrange maison où nous attendent des squelettes mexicains. Nous entrons, mais lorsque Kiki découvre les squelettes, elle est effrayée. Les squelettes l’invitent à danser, elle a peur et se réfugie dans mes bras. Alors une femme squelette s’approche, et lui montre son doigt, dont l’extrémité brille d’une lumière rouge. D’un geste elle lance la lumière vers un autre squelette qui s’est approché de nous, son costume s’illumine alors de cette lumière rouge. D’un geste inverse, la femme squelette récupère la lumière sur son doigt, puis l’envoie sur un autre, et ainsi de suite. Kiki est bouche bée, et un peu rassurée.

Nous quittons le Copperdollar, traversons Shangri La un peu rapidement, et rejoignons la tente. Il est minuit, la journée a été longue, et à peine lui ai-je fait un bisou, Kiki ferme les yeux et s’endort. Je m’endors aussi vite, et c’est probablement le cas aussi pour Bigou. Demain, Hub et Fred nous rejoindront, et l’équipe sera au complet. En attendant, il nous faut reprendre des forces.

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