Bulletin météo #6

Le bulletin # 6de Jackone, n’est pas aussi optimiste que les jours précédents, et même pour tout dire la dégradation des prédictions est assez nette. Alors que jusqu’à hier encore on pouvait espérer un festival complètement sec (ce qui n’est plus arrivé depuis 2010), il semble que ne nous revenions aux traditions et que nous aurons bel et bien un peu de pluie, toute la question étant de savoir s’il y en aura beaucoup ou pas. Mais savourerions nous réellement Glasto sans la moindre goutte de pluie? Notez que sur 32 éditions (si l’on compte l’édition de 1978), il n’y a eu que 8 années totalement sèches. La probabilité d’une année sèche est donc de 1/4, ce n’est pas si faible en définitive… et la tradition est donc toute relative. Nous allons revenir aux prédictions de Jackone, et je ferai ensuite un complément avec l’étude de Pedmill qui est tout à fait intéressante sur les prédictions données par les divers sites météorologiques. J’insiste bien sur le fait que jamais Jackone ne prétend nous dire le temps qu’il va faire. Son travail, extrêmement précis, indique les probabilités de chaque modèle météorologique, et ce que nous pouvons espérer du climat un peu, beaucoup, ou pas du tout.

Afin de faire grâce des développements techniques et analyses fines du risque et de la variabilité des modèles météorologiques, je commence par la fin. Jackone conclue son bulletin par une note de 4,5/10 où plus le degré est faible moins il pleut (0=sécheresse, 10=déluge), qu’on pourrait donc traduire par un 45% pluie 55% soleil.

  • Les points positifs: La situation d’ensemble n’est pas si mauvaise. Que les modèles perdent en optimisme relativement aux jours précédents, n’est pas un chose si mauvaise non plus, car on peut espérer un retour en arrière des modèles vers la modélisation antérieure. Même s’il pleut un peu le terrain devrait largement le supporter.
  • Les points négatifs: Il est important de ne pas s’affoler de quelques mauvais modèles, la possibilité d’un festival totalement sec a en effet diminué ces derniers jours. Ces modèles indiquant une météo particulièrement instable sont transitoires, et nous avons un mélange de résultats différents, donc la réalité des conditions a de bonne chances de n’être pas si mauvaise.

Il faut noter qu’il y a aussi un risque d’instabilité avant le festival qui pourrait empirer tout au long du festival, mais cette tendance est peu probable, et il y a de bonnes chances que les choses ne se déroulent pas ainsi.

Avant de donner sa note il écrit:

Donc en définitive, il y a davantage d’incertitude qu’auparavant, mais étant données les conditions sèches actuelles, je tend toujours à penser que ce sera plutôt un bassin de poussière qu’un bain de boue. Mais prenez toujours vos bottes au cas où.

Entrons maintenant dans les détails. Les graphes du NOAA montrent que le régime de hautes pressions qui les jours précédents était prévu pour protéger l’Angleterre s’échappe vers le Nord et part vers la Scandinavie. Il n’est heureusement pas remplacé par une dépression, car sur l’Atlantique un autre anticyclone prend de la force et protège donc l’Angleterre. Donc les pressions, au lieu d’être hautes deviennent simplement normales.

Les modèles GEFS qui hier encore s’étageaient entre 1 010mb et 1 030mb sur la durée du festival, restent majoritairement dans le même intervalle, à l’exception de deux d’entre eux qui s’écartent nettement de ces valeurs pour plonger jusqu’à 1 000mb entre le mercredi 24 et le vendredi 26 juin pour l’un, et en dessous de 1 000mb le samedi 27 et dimanche 28 juin pour l’autre. Alors qu’hier il y avait un consensus des modèles, ce n’est plus le cas aujourd’hui, et autre mauvaise nouvelle la pression moyenne des modèles diminue un peu, augmentant donc le risque de subir des instabilités. Mais nous restons dans l’espérance de pressions au dessus des moyennes.

Corollaire de ce qui précède, l’incertitude croissante produit des modèles variables dont certains prédisent de grosses périodes de pluie, d’autres prévoient des phases de pluie modérées, et certains restent, comme avant, à prévoir un temps plutôt sec voire complètement sec.

Comme je l’avais indiqué en préambule, j’en viens à la synthèse de Pedmill, déjà évoquée dans un article précédent (cf. Pluie). Il effectue une statistique quotidienne du cumul de précipitations pronostiquées par un certain nombre de sites météorologiques pour la durée du festival. Voici le graphe d’aujourd’hui.

predictions-precipitations-2015-06-16On constate que le maximum s’envole au delà de 70mm, ce qui signifierait un déluge. Ces valeurs sont données par le site AccuWeather qui n’est pas suivi par les autres sites. Si nous voulons avoir une idée de ce que prédisent en général l’ensemble des sites étudiés, il faut se fier à la médiane (et non pas la moyenne). En l’occurrence, les deux valeurs sont voisines, aux alentours de 15mm. On reste donc dans des valeurs tout à fait supportables, mais depuis le 9 juin, et en dépit d’un nouvel espoir le 13 juin, l’espérance d’un festival totalement sec s’est envolée. Comme plus nous nous approchons de la date, plus nous avons confiance dans les modèles, l’évolution négative des tendances n’est pas rassurante.

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