Glastotrip

Dimanche matin

Autographe Michael Eavis

Le réveil, le dimanche matin, à Glastonbury, est pour moi, à chaque fois un moment surréel. Je suis pris par l’urgence de profiter encore d’une dernière journée de festival, mais je suis aussi accablé de fatigue. Cela fait cinq jours que j’ai quitté la maison, chaque journée et même certaines nuits, ont été bien remplies. Arrivé au sixième jour, les batteries sont à plat. C’est vrai aussi, d’ailleurs pour les caméras et téléphones que l’on ne parvient plus qu’à charger partiellement avec des batteries d’appoint quasi vides aussi. Même si on n’y tient pas vraiment, il faut que cela se termine.

Note: Au moment où j’écris ces lignes, le festival 2017 que j’évoque jusqu’à présent, est terminé de longue date. Nous sommes le 26 janvier 2019. Et au moment où j’écris ces lignes, donc, je suis en course pour l’édition 2019 de Glastonbury puisque j’ai réussi à réserver ma place en pré-vente. A vrai dire, je ne peux pas affirmer encore si j’irai participer au Glasto 2019, je me déciderai en mars. Maintenant, revenons à mon récit de 2017, vous allez tout comprendre…

Lorsque je me réveille, ce dimanche 25 juin 2017, il est 9h00. Je sors de la tente, tout est relativement silencieux. Je m’équipe pour aller jusqu’aux toilettes, et me prendre aussi un café. Lorsque je reviens, tout le monde dort encore. J’en profite donc pour prendre quelques notes dans mon carnet, et aussi réfléchir à l’avenir.

Lorsqu’en 2010 nous avons eu l’idée avec Hub et Bigou de venir pour la première fois à Glastonbury, le projet tenait vraiment de l’aventure. 2011, notre première édition a été un grand moment, pleine de surprises et de découvertes. Bigou, qui vit en Australie, n’a pas pu nous rejoindre pour toutes les éditions suivantes, mais Hub, lui, a toujours été là, sauf cette année. Fred, nous a rejoint lors de l’édition suivante, et est toujours présent. Mais il m’a dit vouloir arrêter cette année. Et moi aussi, je me dis qu’il est temps d’arrêter, maintenant. Après la première fois de 2011, il y a eu la jachère de 2012. 2013 avait donc été un retour après deux ans assez marquant. A ce moment, nous aurions pu arrêter, mais nous n’en avions pas assez, visiblement. Je me suis alors dit que j’aurais volontiers accompli un cycle complet d’une jachère à l’autre. Et voici que nous sommes au dernier jour du festival 2017, avant la jachère 2018. Le cycle est accompli. Si je m’en tiens à mon plan, ce dimanche est donc pour moi mon dernier jour à Glastonbury. Lorsque nous avons évoqué le sujet avec Fred, nous avons fait un constat commun; une forme de routine s’installe. Nous avons tout deux l’impression de ne plus nous émerveiller autant, et nous en viendrions même à être blasés. Ce n’est plus pareil. C’est tout ça que je me dis ce dimanche matin, en écrivant mes notes.

Un orchestre symphonique s’installe sur la Pyramide, c’est le Black Dyke Band, qui joue des classiques contemporains (Wings, Beatles, Star Wars, Bowie…). C’est le moment où Fred se réveille. Nous évoquons un peu ce dernier dimanche.

Vers 11h00, je quitte le campement. Je descends vers Theatre and Circus, et m’offre un sachet de donuts. Je passe aussi un coup de téléphone à la maison. Kiki me demande si Emer, une surveillante de l’aire de jeu de GrrenKids, avec qui elle avait sympathisé, est toujours là. Je n’en sais rien, mais elle me fait promettre de vérifier. J’accepte. Puisque je n’ai rien programmé en ce début de journée, le bateau pirate de GreenKids sera donc ma première étape de la journée. Dès ma conversation téléphonique terminé, je pars dans cette direction. Et pas d’Emer!

Comme je suis dans les Green Fields, je vais vers Speaker Forum, où Michael Eavis doit, comme chaque année le dimanche matin, apparaitre. En attendant, je m’installe à la tente de Birmanie, où l’on m’offre un thé vert. Je découvre dans la documentation présentée par les militants qui tiennent cette tente, quelle est la situation politique en Birmanie. Quelqu’un vient même me donner oralement des informations complémentaires, et répondre à mes questions. En particulier, j’apprends que la libération et l’élection d’Aung San Suu Kyi n’a pas résolu tout les problèmes, en partie l’oppression exercée par les ethnies majoritaires sur certaines minorités. C’est la première fois que j’entends parler des Rohingya.

Je me suis posté là, car, fort de ma connaissance précise des lieux, je pense qu’il y a 90% de chances que Michael Eavis passe par là pour aller au Speakers Corner. Et en effet, je ne me suis pas trompé, un 4×4 remonte la Old Railway Track, s’arrête, et Michael Eavis en descend. Il est accompagné d’une seule personne, il n’y a personne alentours, je me précipite. Je sais que je n’ai pas le temps pour bavarder, je lui demande simplement un autographe sur mon carnet de notes. Si vous lisez mon histoire du festival de Glastonbury, et plus particulièrement le chapitre 5 – Glastonbury Fayre, vous découvrirez que les fondateurs du festival sont: Michael Eavis, Andrew Kerr, Arabella Chruchill, Thomas Crimble, Nick Turner, Gilberto Gill, et Bill Harkin. Voila que j’ai dans mon carnet, l’autographe de deux d’entre eux. Je regrette de n’avoir pas fait de même lorsque j’avais croisé Andrew Kerr en 2011, car c’est lui le vrai père de tout ça!

Je pars ensuite vers le Stone Circle pour y faire quelques dernières photos. Si ce doit être mon dernier Glastonbury, je veux passer par les lieux les plus emblématiques, et le Sacred Space avec son cercle de pierres en est un. Je fais là haut, une vidéo selfie en panoramique. Ainsi que la vidéo d’un trio acoustique qui improvise un cover des Kinks.

Je redescend ensuite vers Theatre and Circus profiter de quelques spectacles. Au Crooners corner un homme chante du Sinatra. Ce petit spot dans une allée est rempli de monde, tellement le spectacle est bon.

Ensuite je tombe sur ce duo de commentateurs de cricket que j’avais déjà vu il y a quelques années, et qui me font mourir de rire. Le principe du sketch, réside dans le fait qu’avant tout grand match de cricket on s’intéresse particulièrement à l’état du terrain. Et donc les deux commentateurs devisent à ce propos, ce qui bien évidemment donne lieu à des considérations sur la boue ou l’herbe selon le cas. Mais c’est l’occasion aussi d’improviser en fonction du public présent, voire même des passants.

Ensuite, je tombe sur un magicien de close-up, Magic Singh, qui effectue un tour magnifique, où la carte signée d’un spectateur disparait, réaparait, glisse même toute seule hors du packet de cartes, et finalement disparait à nouveau pour réapparaître dans son portefeuille. Bluffant!

Magic Singh Glastonbury 2017
Le magicien de close-up Magic Singh à Glastonbury en 2017

Ceci clôt mes pérégrinations matinales avant d’attaquer mon programme de concerts de la journée du côté de West Holts.

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